Drama Donald, nouvel épisode : d’un tweet, Trump saborde le G7

, par  DMigneau , popularité : 0%

Drama Donald, nouvel épisode : d’un tweet, Trump saborde le G7

Le sommet du G7 était marqué par le conflit commercial opposant Donald Trump à ses partenaires. - JESCO DENZEL / BUNDESREGIERUNG / DPA

Alors qu’un communiqué final avait été signé en conclusion du G7 au Canada, le président américain Donald Trump a annoncé depuis son avion le retrait du soutien des États-Unis.

Dans l’art de la volte-face, Donald Trump est passé maître. Alors que le " groupe des sept " (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon), réuni ce samedi 9 juin au Canada, avait fini par s’accorder de haute lutte sur un communiqué final du G7, le président américain a annoncé sur " Twitter ", depuis son avion, qu’il retirait son soutien au texte, transformant un sommet déjà tendu en fiasco.

Le sommet économique se tenait dans un contexte rendu sensible par les taxes sur l’acier et l’aluminium décidées par Donald Trump à l’encontre de " ses partenaires ".

Il s’était pourtant conclu sur une « bonne note », les dirigeants des sept plus grandes puissances économiques s’étant mis d’accord sur un texte de compromis à propos du commerce, comportant 28 points et soulignant " le rôle crucial d’un système commercial international fondé sur des règles ".

Si le document s’engage à " combattre le protectionnisme ", il reprend néanmoins certaines exigences du président américain, notamment la mention d’un échange " libre, équitable et mutuellement avantageux ".

Le communiqué final promet également de " moderniser l’OMC ", et de " réduire les barrières tarifaires, les barrières non-tarifaires et les subventions ".

Pourquoi alors ce revirement tardif de Donald Trump, depuis " Air Force One " qui l’emmenait à Singapour pour son sommet avec Kim Jong-Un ?

En cause, les propos du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, lors de la conférence de clôture. Qualifiant d’ " insultantes " les taxes imposées par l’hôte de la Maison Blanche, ce dernier a confirmé l’entrée en vigueur au 1er juillet de taxes de représailles à l’encontre des États-Unis.

" Les Canadiens sont polis et raisonnables, mais nous ne nous laisserons pas bousculer ", a-t-il averti.

https://twitter.com/CNN/status/1005564645242036225

Trump qualifie Trudeau de " malhonnête et faible "

De quoi provoquer une nouvelle colère de Donald Trump : " En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américaines, j’ai demandé à nos représentants de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain ".

Dans un autre " tweet ", le président américain qualifie également Justin Trudeau de personne " malhonnête et faible ", alors qu’il avait encore vanté la veille la qualité inédite de la relation bilatérale entre leurs deux pays.

Macron confirme les contre-mesures européennes

En réaction à cette volte-face, le cabinet du Premier ministre canadien a simplement rappelé que Justin Trudeau " n’a rien dit qu’il n’avait pas déjà dit auparavant autant publiquement qu’en conversations privées " avec Donald Trump.

De son côté, l’Élysée a rappelé que " la coopération internationale ne peut dépendre des colères ou des petits mots. Soyons sérieux et dignes de nos peuples ".

Avant d’ajouter : " Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements. Nous y tenons. Et quiconque les quitterait le dos retourné montre son incohérence et son inconsistance ".

Le G7 s’est donc achevé sur la menace américaine de nouvelles sanctions à l’encontre de " ses partenaires ". Et le risque de guerre commerciale ne devrait pas faiblir, au vu des déclarations de Justin Trudeau, mais également d’Emmanuel Macron, qui a prévenu lors de sa conférence de presse que l’Union européenne appliquerait bien à partir de juillet les contre-mesures européennes sur le bourbon et les motos américaines.

Magazine Marianne