Greensburg, une reconstruction 100 % énergies renouvelables

, par  DMigneau , popularité : 64%

Greensburg, une reconstruction 100 % énergies renouvelables

En 2007, cette cité du Kansas fut pratiquement rasée par une tornade. Mais plutôt que de reconstruire à l’identique, la ville a fait le choix de faire du « green ». Huit ans plus tard, elle est devenue la première ville américaine à s’alimenter exclusivement avec des énergies renouvelables, comme le raconte Libération ce lundi.

A l’approche de la Cop 21, c’est une histoire qui pourrait bien être citée en exemple. Comme une démonstration qu’en politique comme en matière environnementale, il n’y a jamais d’horizon indépassable.

Le 4 mai 2007 s’abat sur la ville de Greensburg, au Kansas, une terrible « tornade F5 – la puissance maximale – [qui] a semé la mort et la désolation », comme le raconte Libération, dans son édition d’aujourd’hui. Une démonstration de la puissance de la nature qui détruit « 95 % des bâtiments de la commune » et les 5 % restants sont « gravement endommagés ».

Dans le dénument le plus complet, choqués par la catastrophe naturelle qui vient de s’abattre sur eux, « de nombreux habitants âgés sont allés s’installer dans les villages alentours », raconte Bob Dixon, l’actuel maire de cette petite ville, à l’envoyé spécial de Libé. Une semaine après le passage de la tornade, ceux qui sont restés sur place, vont prendre une décision qui va les engager pour de nombreuses années. Plutôt que de reconstruire la ville à l’identique, les habitants décident de prendre un virage à 180 degrés en pensant la reconstruction de la ville sous le signe de l’écologie.

« Ils trouvaient que le projet faisait très hippie. Il y a eu beaucoup de discussions autour de notre identité et de nos valeurs », concède toute de même l’édile de la commune. Mais après de nombreux débats, les responsables de Greensburg décident finalement de suivre les conseils d’une équipe d’experts du Laboratoire national pour les énergies renouvelables et misent sur l’énergie du vent.

Huit ans plus tard, la ferme éolienne qui comprend dix turbines génère « le triple de la consommation de Greensburg, devenue la première ville américaine alimentée à 100 % par les énergies renouvelables », lit-on dans le quotidien.

Mieux, en 2007, le conseil municipal a pris la décision forte d’obliger tout bâtiment public d’une surface supérieur à 370 m2 à répondre à un label très exigent (LEED Platinium) qui prend en compte « l’efficacité énergétique, la consommation d’eau et le système de chauffage ou encore l’utilisation de matériaux locaux dans la construction ».

S’ajoutent à cela des systèmes de récupération d’eau, de recyclage ou de chauffage par géothermie. Une véritable vitrine de la ville modèle écologique. Un pari gagnant pour les finances de la ville aussi puisque d’après l’administration fédérale, « les dépenses annuelles énergétiques des bâtiments publics de Greensburg sont inférieures de 200 000 dollars (180 000 euros) à ce qu’elles auraient été si la ville avait été construite de manière conventionnelle », apprend-t-on sous la plume du journaliste.

De l’écologie pragmatique puisque les administrés de cette contrée conservatrice n’en sont pas pour autant devenus des hippies acquis au « tout écolo ». L’exploitation des énergies fossiles (pétrole, gaz de schiste) continue encore d’alimenter l’économie de la région. Le maire de la ville, inscrit au Parti républicain penche, lui, plutôt pour les thèses climato-sceptiques. Une ambiguïté comme seule est capable la société américaine mais qui, sur le front de l’environnement, marque tout de même des points.

Magazine Marianne