" Je ne lâcherai pas " : Gabriel Attal répond à la grogne des laboratoires d’analyses en grève illimitée

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Je ne lâcherai pas " : Gabriel Attal répond à la grogne des laboratoires d’analyses en grève illimitée

Gabriel Attal, ministre de " l’Action et des Comptes publics ", le 9 novembre 2022 au Sénat. XOSE BOUZAS / HANS LUCAS VIA AFP

Invité de " LCI " ce lundi 14 novembre, le ministre " des Comptes publics " est resté sourd aux revendications des laboratoires de biologie, qui entrent en " grève illimitée ". Ces derniers s’opposent depuis septembre à la réduction de 250 millions d’euros de leur enveloppe dans le budget de la « Sécurité sociale ».

Le gouvernement campe sur ses positions malgré le " coup de force " lancé par les laboratoires d’analyses médicales.

Après un mois de " bras de fer " avec « l’exécutif » autour du budget 2023 de « la Sécu’ », les syndicats de biologistes appellent à une " grève illimitée " des laboratoires de biologie à partir de ce lundi 14 novembre.

Une nouvelle étape dans ce conflit, que le ministre " des Comptes publics ", Gabriel Attal, a " balayé " d’un revers de la main le même jour, affirmant ne rien concéder face aux revendications des biologistes « libéraux ».

" Ce que je leur demande, c’est une économie sur leurs tarifs de 250 millions d’euros de manière pérenne ", a affirmé sans détour Gabriel Attal sur " LCI ".

« Je le dis très calmement mais aussi très fermement : tout le monde fait des efforts (...) les laboratoires d’analyses médicales qui ont fait 7 milliards de chiffre d’affaires liés aux tests " Covid " payés par les Français, qui ont eu une rentabilité élevée, peuvent faire des efforts et je ne lâcherai pas sur ce sujet », a-t-il ensuite martelé sur le plateau de la chaîne d’information " en continu ".

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Redoutant cette baisse de tarifs pérenne, les syndicats de biologistes avaient d’abord proposé une " taxe exceptionnelle " du même montant, au titre des profits engrangés grâce aux " tests Covid ".

Faute d’accord, ils avaient ensuite arrêté de transmettre les résultats de ces dépistages au fichier national SI-DEP, perturbant le suivi de l’épidémie pendant une semaine.

Un boycott jugé " inconséquent " et " inadmissible " par le ministre de la Santé, François Braun, qui les avait même accusés de " prendre en otage l’ensemble de la population ".

Au moins trois jours de grève

Ce " coup de semonce " n’a toutefois pas fait " bouger les lignes " : reçus lundi dernier à « l’Assurance maladie », les biologistes en sont sortis en dénonçant une " folie austéritaire " et en appelant ainsi à la " grève reconductible " à partir de ce 14 novembre.

Le mouvement, qui devrait durer au moins trois jours, est aussi porté par les grands groupes de laboratoires « privés » (" Biogroup ", " Cerba ", " Eurofins ", " Inovie ", " Synlab "), ainsi que par le réseau des " Biologistes indépendants " (LBI).

Plusieurs syndicats d’autres professions ont également apporté leur soutien aux biologistes, dont les onze organisations regroupées au sein des « Libéraux de santé », ainsi que les médecins de l’UFML (" l’Union française pour une médecine libre ").

Malgré la fermeté du gouvernement, les biologistes ont toutefois reçu la semaine dernière le renfort du « Sénat » lors de l’examen du projet de budget de la « Sécurité sociale ».

Épousant leur revendication, la « Chambre haute » a voté un amendement transformant cette " baisse pérenne en contribution exceptionnelle de 250 millions d’euros en 2023 ".

Une main tendue qui " rouvre la voie à une solution négociée ", jugent les biologistes « libéraux ». Au gouvernement et à « l’Assemblée nationale » de " se saisir de cette opportunité ", ont-ils argué.

Hakim MOKADEM

Marianne.fr