La dissolution, selon Macron : un piège à cons (et à députés " LR ")

, par  DMigneau , popularité : 0%

La dissolution, selon Macron : un piège à cons (et à députés " LR ")

On glose à l’infini sur la possibilité d’une dissolution imminente. Pourtant, Emmanuel Macron n’a aucune raison d’appuyer sur le " bouton nucléaire " à court terme. Voici pourquoi.

La dissolution n’aura pas lieu. Du moins, pas tout de suite. On pourrait penser le contraire, à écouter " politiques " et médias se donner des frissons à bon compte en glosant sur cette possibilité. Il faut dire qu’Emmanuel Macron ne se prive pas d’agiter cette arme que lui offre l’article 12 de la Constitution. Il l’a fait dans les réunions avec ses proches, mais aussi sur " France 2 ", fin octobre.

" Il y a des instruments qui sont dans la main du président de la République, s’est-il plu à souligner. C’en est un, et heureusement. "

Comme l’a révélé le " Journal du dimanche ", le parti " macroniste " " Renaissance " a préparé cette éventualité dans un document de travail (ce qui est bien le moins, s’agissant du mouvement présidentiel). Mais, à moins de " perdre la raison ", Emmanuel Macron ne prononcera pas de dissolution de « l’Assemblée nationale » à court terme.

https://www.lejdd.fr/Politique/comment-emmanuel-macron-prepare-loperation-dissolution-4145536

Selon un sondage " Ifop/le JDD ", en cas de retour aux urnes, le seul gagnant de l’opération serait le " Rassemblement national " (RN), tandis que la " Macronie " n’engrangerait pas plus de voix. C’est logique : pourquoi les Français donneraient-ils une majorité absolue à un président qui leur expliquerait qu’ils ont mal voté et qu’il faut recommencer ?

POKER MENTEUR

On assiste en réalité à un jeu très classique de " poker menteur " politicien. En agitant cette menace, Emmanuel Macron rappelle régulièrement aux 62 députés " Les Républicains " (LR) qu’il a droit " de vie ou de mort " sur leurs mandats.

C’est un moyen comme un autre de faire tenir sa majorité de fait.

Oui, parce qu’il existe une majorité à « l’Assemblée », celle composée des partis " macronistes " et des députés " LR ". Et il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas dans les mois à venir.

Les " LR " vont-ils dire " non " au projet de loi sur la sécurité intérieure, qui prévoit la création de 8 500 postes de policiers sur le quinquennat ?

Vont-ils refuser le texte sur « l’immigration » préparé par Gérald Darmanin, qui prévoit un " tour de vis " sur les expulsions ?

Et surtout, oseront-ils vraiment se prononcer contre la hausse de l’âge de départ à la retraite, qu’ils appellent de leurs vœux depuis des années ?

MACRON OBLIGÉ D’ÊTRE « DE DROITE », " LR " OBLIGÉ DE COOPÉRER

Bref, tant que son agenda penche à droite, Emmanuel Macron n’a aucune raison de dissoudre, parce qu’il a une majorité (certes fragile) pour sa politique. Et les députés " LR " n’ont, eux, aucune raison de déposer une motion de censure qui pourrait " faire tomber " le gouvernement avec l’appui du " RN " et de la " Nupes ".

En résumé, Macron est obligé d’être de droite et les " LR " sont obligés de coopérer. Un " équilibre de la terreur " d’un genre inédit depuis l’instauration du quinquennat. Au fond, la véritable question, c’est celle que posait récemment " Marianne " en couverture : combien de temps " ça va tenir " ?

Louis HAUSALTER

Marianne.fr