Le mari médecin de la ministre Buzyn recasé... comme " conseiller juridique " du gouvernement

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Le mari médecin de la ministre Buzyn recasé... comme " conseiller juridique " du gouvernement

Yves Levy a obtenu un lot de consolation après son éviction de l’Inserm pour cause de conflit d’intérêts avec son épouse ministre. - Ludovic MARIN / AFP / POOL

Le médecin Yves Levy, époux de la ministre Agnès Buzyn, a été nommé " conseiller d’État extraordinaire " ce mercredi 10 octobre. Il touchera entre 1 500 et 6 100 euros tous les mois pendant cinq ans, bien qu’il n’ait jamais pratiqué le droit public.

Dans le " nouveau monde ", un médecin peut s’improviser… " expert " de la Constitution française !

Tel est le principal enseignement du « Conseil des ministres » de ce mercredi 10 octobre, qui a vu la nomination d’Yves Levy, ex-patron de « l’Institut national de la santé et de la recherche médicale » (Inserm), au poste de " conseiller d’État en service extraordinaire ".

Précisons que cet immunologiste reconnu est à la ville l’époux de la ministre de la Santé Agnès Buzyn. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu de ne pas être reconduit dans ses fonctions à l’Inserm (il continuait à assurer l’intérim en attendant son successeur), pour cause de « conflit d’intérêts ».

Dans ces conditions, difficile de ne pas voir dans ce " recasage " un joli lot de consolation.

Et " la consolante " est particulièrement douce pour Yves Levy : à ce poste, le médecin de 61 ans touchera pendant cinq ans une somme fixe garantie de 1 558 euros brut mensuels, à laquelle s’ajoutera une part variable pouvant atteindre quelque 4 583 euros brut mensuels en fonction du nombre de réunions auxquelles il participera, selon un arrêté du 27 février 2018.

Soit jusqu’à plus de 6 100 euros tous les mois. Ajoutez à cela que ce professeur d’université pourra, par ailleurs, continuer son activité professionnelle de médecin et d’enseignant, s’il le souhaite.

La belle vie !

Médecin promu " conseiller juridique " du gouvernement

Yves Levy obtient ainsi un poste très convoité, puisque le quota de conseillers d’État non-juristes s’élève à douze maximum.

Parmi les heureux élus, on compte aujourd’hui deux préfets, quatre énarques, un avocat d’affaires, deux ingénieurs, un militaire et un universitaire en sciences de l’éducation.

A cette place, le médecin est invité à exercer des " fonctions consultatives " pour le « Conseil d’État », c’est-à-dire conseiller juridique du gouvernement.

Concrètement, les conseillers d’État réunis en " formation consultative " livrent une appréciation sur la conformité de chaque projet de loi de l’exécutif au droit de « l’Union européenne » et à la Constitution française.

Voilà comment " un ponte de la médecine " s’improvise " cador du droit ".

Après la nomination de l’écrivain Philippe Besson en tant que " consul " à Los Angeles, les méchantes langues y verront un nouveau poste attribué par " copinage ".

Dans ses fonctions, le mari d’Agnès Buzyn pourra tout de même, à l’occasion, faire partager sa " possible " connaissance du droit public médical, soignée lors de sa mission de deux ans en tant que conseiller chargé de la santé auprès de la ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso (2012-2014).

Sauf que dans ces cas-là, il se prononcera sur des textes rédigés... par son épouse.

Chassez le conflit d’intérêts, il revient au galop !

Heureusement, le code de justice administrative a tout prévu. " Les membres du Conseil d’État veillent à prévenir ou à faire cesser immédiatement les situations de conflit d’intérêts ", dispose son article L.131-3.

Nul doute qu’Yves Levy l’appliquera avec zèle : il serait tout de même ballot qu’un expert du droit soit épinglé pour avoir ignoré la loi.

Étienne Girard

Marianne