Un " néonazi " ukrainien reçu à l’Assemblée : De Rugy critiqué

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Un " néonazi " ukrainien reçu à l’Assemblée : De Rugy critiqué

Andry Parouby est président du parlement ukrainien depuis 2016. - Sergii Kharchenko / NurPhoto

Andry Parouby, président de l’Assemblée ukrainienne qui sera reçu ce lundi 11 juin en France, est le créateur d’un parti néonazi.

Encombrant homologue…

Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, s’apprête à recevoir ce lundi 11 juin son alter ego ukrainien. Usage répandu sauf qu’en l’espèce, il s’agit d’un triste sire, Andry Parouby, fondateur et longtemps l’un des principaux cadres de " Svoboda " (" Liberté "), anciennement " Parti social-national d’Ukraine ".

En clair, les néonazis locaux.

Un rendez-vous relevé et dénoncé ce dimanche par Jean-Luc Mélenchon et le député de la " France insoumise " de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, qui se sont indignés sur " Twitter " en découvrant le rendez-vous de 10 heures à l’agenda de François de Rugy.

« J’apprends que François de Rugy va recevoir demain à 10 heures l’abject antisémite et fondateur du parti ukrainien néo-nazi " Svoboda ". Même si c’est le nouveau Président du parlement, la République française n’a pas à honorer ce violent xénophobe. Je demande à De Rugy d’annuler ce rendez-vous », écrit Alexis Corbière.

" Voilà où mène l’atlantisme forcené ", pointe le président du groupe LFI à l’Assemblée.

François de Rugy ne sera pas le seul politique français à recevoir le personnage, qui rencontrera également à 19 heures le patron du Sénat, Gérard Larcher.

https://twitter.com/alexiscorbiere/status/1005797492888358912/photo/1

S’il n’est plus aujourd’hui membre de " Svoboda ", Andry Parouby l’avait en effet fondé en 1991. Un parti nationaliste et d’extrême droite qui s’illustre notamment par son antisémitisme.

En 2011, le mouvement avait défilé pour protester contre « l’arrivée massive » de juifs ultra-orthodoxes pour un pèlerinage. " Svoboda " est également anti-avortement et s’oppose régulièrement à la tenue de " gay prides " en Ukraine.

Devenu l’une des principales forces de la contestation de la place Maïdan qui avait mené à la fuite du président Viktor Ianoukovitch en 2014, " Svoboda " avait obtenu des postes ministériels dans le gouvernement " de transition ", avant de connaître un échec aux législatives la même année avec 4,7 % des voix.

De son côté, Andry Parouby a quitté le parti et s’est fait élire au Parlement sous la bannière de " Patrie ", le mouvement de Ioulia Tymochenko.

Il a accédé en 2016 à la présidence du parlement ukrainien, " la Rada ".

En 2014, le " Parti de gauche " avait déjà protesté contre la réception d’Andry Parouby par le " Parti populaire européen " (PPE) au Parlement européen, alors qu’il occupait le poste de secrétaire du « Conseil de sécurité nationale de la défense ».

La présidence de l’Assemblée répond à LFI

A la suite de la parution de cet article, la présidence de l’Assemblée nationale a tenu à répondre auprès de " Marianne " aux critiques émises par la " France insoumise " :

" Recevoir un homologue ne signifie pas partager ses idées, l’enjeu ici est celui de la crise ukrainienne ".

Et de développer : " Dans le cadre d’une diplomatie parlementaire active et complémentaire de celle de l’exécutif, François de Rugy parle, au niveau parlementaire, à tous les acteurs de la crise ukrainienne pour relayer les efforts de l’exécutif afin de résoudre le conflit ".

Le cabinet de François de Rugy assume donc un rendez-vous " normal ", annonçant par ailleurs que " suivant cet état d’esprit ", le président de l’Assemblée " va prochainement rétablir les contacts de l’Assemblée nationale avec la Douma de Russie, rompus depuis plusieurs années ".

Magazine Marianne